16 février, 2018

Biographie de Tauba Goldstein, née à Copenhague Par les élèves de la classe de Seconde 2 du Lycée Français Prins Henrik de Copenhague (Danemark)

Biographie de Tauba Goldstein, née à Copenhague
Par les élèves de la classe de Seconde 2 du Lycée Français Prins Henrik de Copenhague
(Danemark)
Premiers pas dans le projet Convoi 77
Convoi 77 est un projet initié par l’association du même nom et reconnu par l’Union
Européenne. Il concerne le dernier convoi de Juifs déportés de Drancy à Auschwitz-Birkenau,
celui du 31 juillet 1944. Dans certaines écoles en France et en Europe, des lycéens ont été
chargés de faire des recherches sur un homme, une femme ou un enfant juif déporté dans ce
convoi pendant la Shoah, de retracer sa vie et de reconstituer sa biographie.
Notre classe, la Seconde 2 du Lycée Français Prins Henrik de Copenhague, a effectué des
recherches sur Tauba Goldstein, également prénommée Thérèse. Nous ne possédions que très
peu d’informations pour nous aider à amorcer nos recherches, seulement son lieu et sa date de
naissance et de déportation. Nous ne savions pas où ce projet allait nous mener, ni s’il allait
aboutir. Avec l’aide du blog de Michelle Goldstein, la nièce de Tauba, nous avons trouvé nombre
d’informations sur sa famille, ce qui nous a permis de composer au fur et à mesure son arbre
généalogique qui a été un outil très important pour diriger et concentrer au mieux nos recherches
(cf. document A).
Le travail a été réparti dans la classe de sorte que certains élèves ont fait des recherches
sur des sites Internet, d’autres ont trouvé des personnes et des organisations auxquelles demander
des informations supplémentaires, telles que le Mémorial de Drancy, les Archives du Mémorial
de la Shoah et l’Association des Fils et Filles de Déportés Juifs de France dont le président Serge
Klarsfeld nous a été d’une aide précieuse.
Tauba Goldstein et sa famille
Nous avons eu accès aux registres de l’État civil de Copenhague (Danemark), datant
d’avant la Première Guerre mondiale (cf. document B). Ce registre nous a fourni des
informations sur toute la famille Goldstein lors de son séjour au Danemark. Selon le registre de
l’État civil, Samuel Goldstein, né le 3 novembre 1878, en Russie, serait arrivé en 1910 au
Danemark en provenance de Pologne (la Pologne était alors sous souveraineté russe). Toujours
selon le registre, il était de confession juive et il fut enregistré sous la profession de tailleur. Les
mêmes informations sont indiquées pour son épouse ainsi que pour les huit premiers-nés de la
famille. Il n’y a aucune mention particulière sur Tauba Goldstein, qui n’est alors pas encore née.
En effet, Tauba Goldstein (cf. document C) est née le 17 avril 1920 à Copenhague, de
deux parents juifs : Samuel Goldstein et Jochebed Lebovitsch. Ses parents ont déménagé de
nombreuses fois durant leur jeunesse. Dans les années juste après leur mariage, en 1907, ils ont
eu trois enfants à Lodz, en Pologne : Isaac, Wolf et Gita. Cependant, Samuel Goldstein a dû
émigrer au Danemark pour, peut-être, fuir la conscription dans l’armée du Tzar de Russie entre
1910 et 1914. Pendant cette période de leur vie, leurs enfants Tobias, Kopel, Elieser, Hanna-Léa,
Herman et Tauba ont vu le jour. Ils ont ensuite séjourné à Berlin en 1922 lorsque Feiga est née.
Finalement, ils se sont installés à Paris en 1923, puis Anna, Louise, Georges et Joseph sont venus
au monde.
Tauba, dite Thérèse, une jeunesse qui reste obscure
Thérèse ne s’est pas mariée, et n’eut donc pas d'enfants. Nous n'avons aucune
information sur son enfance, ses études, sur les raisons de son déménagement à Paris. Cependant
d'après l'association Fils et Filles de Déportés Juifs de France, l'adresse qu'elle a donnée lors de
son entrée au camp est le 10 rue des Deux-Ponts, 75004 Paris. (cf. document D) Cette adresse
correspond à celle de la fondation juive Fernand Halphen, qui date de 1926, et qui avait installé
une cinquantaine de logements aux loyers modestes destinés à des familles nombreuses.
D'après le site de Michelle Goldstein, Thérèse aurait travaillé à l'école maternelle
Poulletier située dans le 4ème arrondissement de Paris (18 rue Poulletier). Cette école a été
construite entre 1903 et 1904 et a toujours été une école maternelle malgré les deux Guerres
mondiales. Pourtant pendant la Première Guerre, elle aurait été incendiée puis reconstruite en
1923 comme infirmerie. L’école a recommencé son activité en 1928 et aurait eu Tauba Goldstein
comme institutrice. Malheureusement l’école n’ayant pas retrouvé les archives de cette dernière,
on ne peut confirmer la véracité de ces propos ni la période de son emploi. (cf. document D)
Sur un document (cf. document E), Thérèse a déclaré être couturière mais sur la liste des
entrées à Drancy, elle figure parmi les membres du personnel du centre d'enfants de Lamarck,
(cf. document E) géré par l'Union Générale des Israélites de France (UGIF). Elle y exerçait une
profession du type femme de ménage, infirmière, cuisinière ou monitrice (cf. document D).
L’Union Générale des Israélites de France s’est installée dans l'École juive Lucien de Hirsch,
1944 en raison du bombardement du centre d'enfants de Lamarck (cf. Document D). L'UGIF a
été créée en 1941 par le gouvernement de Vichy à la demande des Allemands afin de représenter
les Juifs de France. L’organisation est située dans le 18ème arrondissement de Paris. Elle
reprend par la suite des centres pour enfants sous le contrôle notamment de la Gestapo et du
Commissariat Général aux Questions juives.
L’arrestation et le transit au camp de Drancy
Tauba Goldstein est arrêtée le 22 juillet 1944 et au camp d’internement de Drancy le jour
même. Drancy est un camp de transit, situé au Nord-Est de Paris dans la région Île-de-France,
donc dans la zone occupée de la France. C’est un ensemble immobilier inachevé, d’abord
réquisitionné par la Wehrmacht pour interner des prisonniers de guerre. À partir de 1941, les
premières grandes rafles contre les Juifs ont lieu et les prisonniers sont envoyés à Drancy avant
d’être déportés vers la Pologne. Le camp de Drancy est un bâtiment à l’origine créé dans les
années 1930, pour des logements sociaux, et appelé la Cité de la Muette. Le bâtiment est une
longue bâtisse en forme de U à angles droits. On trouve à l'intérieur du U une grande cour.
D'août 1941 à août 1944, le camp d'internement de Drancy, est le centre principal de la
déportation des Juifs de France et est utilisé pendant trois ans comme principal lieu de départ de
la France vers les centres de mise à mort nazis. La majorité des convois partaient pour
Auschwitz. Neuf Juifs déportés de France sur dix sont passés par le camp de Drancy. Les gardes
français ont fait preuve d’une grande brutalité vis-à-vis des prisonniers en leur faisant subir de
mauvais traitements.
Il existe de nombreux témoignages des juifs internés dans le camp. Les conditions de vie
y étaient difficiles par manque d’hygiène, de soins et de nourriture. Pendant ses trois années
d'existence, le camp de Drancy s’est trouvé sous les directions successives de Theodor
Dannecker, Heinz Röthke et Alois Brunner, trois SS. Le camp était gardé par des gendarmes
français, installés dans les « gratte-ciels » derrière le bâtiment en U où étaient internés les
prisonniers. Son fonctionnement était sous le contrôle du Service des affaires juives de la
Gestapo.
Déportation et mise à mort à Auschwitz
D’après les informations données par Michelle Goldstein, le matricule de Thérèse était le
numéro 25450 et sa classification était B+, ce qui signifiait qu’elle était déportable. Elle fut donc
déportée vers le centre de mise à mort d’Auschwitz-Birkenau, situé en Pologne, le 31 juillet
1944, à bord du convoi 77, dernier convoi parti de Drancy en 1944, avec à son bord 1321
déportés. Thérèse arrive à destination le 5 août 1944 et est aussitôt assassinée dans les chambres
à gaz. D'après Michelle Goldstein, sa nièce avec qui nous avons échangé des courriers
électroniques, elle n’aurait jamais dû être gazée, dans la mesure où les Nazis gazaient les femmes
accompagnées d'enfant, qui ne s'en séparaient pas. Comme Thérèse était célibataire, qu'elle
n’avait pas eu d’enfant, elle aurait dû être épargnée. Elle était avec sa belle-soeur, l’épouse de son
frère Wolf, et leurs deux enfants, ainsi que trois autres neveux et nièces. Son frère Wolf qui était
dans le même convoi que Thérèse, a été sélectionné pour le travail et est revenu de cet enfer.
Sur les traces de Thérèse Goldstein
Nous avons commencé par écrire à Michelle Goldstein qui est la nièce de Thérèse
Goldstein. Nous lui avons envoyé un e-mail afin d’obtenir des informations supplémentaires sur
la vie sa tante. Nous avons eu une réponse très positive par Madame Goldstein qui nous a donné
des numéros de téléphone à appeler, des photos ainsi que de nombreuses archives sur la vie de
Thérèse. Suite au mail de Madame Goldstein nous avons appelé Monsieur Samuel Adoner qui
malheureusement n’a pu donner aucune information sur Thérèse. Par la suite, nous avons pu
contacter le frère de Thérèse, Joseph Goldstein, qui lui non plus n’a pas pu nous donner de
nouvelles informations, mais nous a redirigé vers les archives du Mémorial de la Drancy que
nous avons contacté. C’est finalement le Mémorial de la Shoah, par l’intermédiaire de Madame
Sabrina Vahldiek, qui nous a adressé la fiche d’arrestation de Thérèse (cf. document E). De plus,
Monsieur Serge Klarsfeld nous a aimablement écrit et envoyé des documents (cf. document D et
annexe 9) lorsque nous avons sollicité l’association Fils et Filles de Déportés Juifs de France
(FFDJF).
Documents
Document A : Arbre généalogique de la famille Goldstein
Document B : Registre d'État civil de la famille Goldstein (établi à leur arrivée au Danemark)
Document C : Thérèse (Tauba) Goldstein, photographie fournie par sa nièce Michelle Goldstein
Document D : Lettre de Serge Klarsfeld en réponse à nos questions adressées à l'association Fils
et Filles de Déportés Juifs de France
Document E : Fiche (UGIF) de déclaration de l'internement de Thérèse Goldstein
Document F : Liste (UGIF) de personnes arrêtées dans laquelle figure le nom de Thérèse
Goldstein
Annexes
- Doc 1 : Photographie d'avant guerre de Anna Goldstein dans un groupe (la 5è en haut à
partir de la gauche, avec un haut blanc)
- Doc 2 : Portrait de Bernard Goldstein, fils ainé de Wolf Goldstein et Sonia Smiliansky.
- Doc 3 : Portrait de Daniel Goldstein, fils de Wolf Goldstein et Sonia Smiliansky.
- Doc 4 : Portrait de Dora Bender, fille de Gita Goldstein et Joseph Bender.
- Doc 5 : Portrait de Isaac Goldstein et sa femme Ida Menakovski.
- Doc 6 : Portrait de Jacques et Mina Bender, enfants de Gita Goldstein et Joseph Bender.
- Doc 7 : Portrait de Joseph Goldstein.
- Doc 8 : Photographies de Kopel Goldstein.
- Doc 9 : Livret fourni par M. Serge Klarsfeld, où l’on retrouve le nom des enfants
déportés et gazés à Auschwitz, dont Dora, Jacques et Jean Bender, enfants de Gita
Goldstein et Joseph Bender.
- Docs 10 et 11 : Photographies de la maison de la famille Goldstein à Copenhague.
- Doc 12 : Portrait de Marie Goldstein.
- Doc 13 : Portrait de profil de Tauba (Thérèse) Goldstein.
- Doc 14 : Portrait de Wolf Goldstein.
Sources et remerciements
Même si nos recherches n’ont pas toujours été fructueuses, nous sommes très reconnaissants à
toutes les personnes suivantes pour leur aimable coopération. Nous remercions :
- Le Mémorial de la Shoah (http://www.memorialdelashoah.org/ - Madame Sabrina
Vahldiek)
- Le Mémorial de Drancy (http://drancy.memorialdelashoah.org/)
- Madame Michelle Goldstein (http://michelle-goldstein.blogspot.dk/)
- Monsieur Adoner Milo Goldstein
- Monsieur Joseph Goldstein
- Le services des Archives du Mémorial de la Shoah
- Le Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (CRIF)
- Monsieur Serge Klarsfeld, Président de l’association Fils et Filles de Déportés Juifs de
France (FFDJF - http://www.crif.org/fr/associationsmembres/fils-et-filles-d%C3%A9port
%C3%A9s-juifs-de-france-ffdjf/)
- Monsieur Georges Mayer, Président de l’association Convoi 77
(http://www.convoi77.org/)
- Monsieur Serge Jacubert (http://www.convoi77.org/)

03 décembre, 2017

Le professeur m'a envoyé des informations sur les avancées du projet de rédaction de la biographie de Bernard Goldstein, auquel participent ses élèves de 3ème.

Madame,

Je vous écris afin de vous apporter quelques informations sur les avancées du projet de rédaction de la biographie de Bernard Goldstein, auquel participent mes élèves de 3ème. 

Tout d'abord, les élèves poursuivent leur travail de recherches et ils s'y investissent avec intérêt et passion. Ils prennent ce travail véritablement à coeur. Je vous laisse découvrir, en cliquant sur le lien dropbox ci-dessous, les documents que j'ai conçus et sur lesquels les élèves travaillent. Ils sont organisés en groupes et chaque groupe travaillent successivement sur trois étapes de recherche (de l'échelle européenne et française à l'échelle de la famille Goldstein). 


Par ailleurs, ce jeudi 7 décembre, nous serons en sortie au Mémorial de la Shoah à Paris afin d'y effectuer une visite guidée. Puis, les élèves rencontreront Daniel Urbejtel, également déporté par le convoi n°77 et arrêté, comme Bernard et Tauba, au centre UGIF de l'avenue Secrétan, en juillet 1944. 

Enfin, après avoir préparé de nombreux dossiers de demande de subventions, nous avons réussi à organiser un séjour de deux jours à la Maison d'Izieu (en février 2018) afin de faire prendre conscience aux élèves des différentes échelles de la Shoah et de les amener à réfléchir atour du thème de l'enfance face au génocide. 

Je vous souhaite une belle fin de weekend et vous remercie pour votre lecture, 

03 octobre, 2017

Mon cousin Bernard Goldstein,convoi 77

Bonjour Madame,
Je suis professeur d'Histoire dans un collège de l'Essonne (91) et je fais participer mes élèves au projet européen convoi77. Dans ce cadre, mes élèves de 3ème vont prochainement travailler sur Bernard Goldstein, votre cousin, avec l'objectif final, comme le prévoit la convention du projet convoi77, la rédaction par mes élèves d'une biographie.
Ainsi, je me permets de vous contacter car il me semblait normal et légitime que vous en soyez informée. D'autre part, je souhaiterais savoir si vous m'autorisez à utiliser, dans le cadre du projet convoi77, les documents (photographies, documents des Archives nationales) que vous avez publié sur votre blog ?
Je vous remercie par avance pour votre réponse.
Bien à vous,

02 octobre, 2017

Ma tante Tauba dite "Thérèse" dans le projet «Convoi 77


Chère Madame Goldstein,

Nous sommes des élèves de Seconde du Lycée Français Prins Henrik de Copenhague, nous nous appelons Antoine Sarry et Elia Holtz.

Nous vous contactons car nous travaillons sur le projet «Convoi 77» (www.convoi77.org).
C'est un projet qui a pour but de faire des recherches sur les personnes déportées pendant la Seconde Guerre mondiale. Il nous a été proposé de rechercher des traces sur une déportée née à Copenhague. Notre but final est de recueillir un maximum d'informations afin de les mettre en commun et de pouvoir mieux expliquer la Shoah aux jeunes Européens et également écrire une biographie. La personne qui nous a été proposée est Tauba Goldstein. Nous avons visité votre blog et nous aimerions donc si vous le voulez bien et si vous le pouvez, que vous répondiez à quelques unes de nos questions :

Nous savons que votre tante a été déportée de Drancy jusqu’à Auschwitz le 31 Juillet 1944 et nous aimerions avoir plus d'informations sur sa vie et ses relations amicales et familiales. Avez vous des photographies de votre tante dans sa jeunesse ? Pourriez vous nous transmettre les coordonnées des membres de sa famille vivant actuellement en France ou au Danemark ainsi que des coordonnées d'amis d'enfance de votre tante vivant au Danemark ou en France et éventuellement d’autres documents sur sa vie ?

Par avance nous vous remercions de l’aide que vous pourriez nous apporter merci.
Veuillez agréer, Madame, l’expression de nos considérations distinguées.

29 mai, 2017

Rue des deux ponts,ils aimaient la musique

Chère Michelle ,

Jointe ici un photo "Paris 1941 Robert Clary kazoo.jpg"  (copie autobiographie de Robert Clary) avec légende*  :

"Les amis de l'enfance qui jouent kazoo (homme sur la gauche inconnu). De gauche : Henri Adoner , Roger Helwaser , Georges Goldstein , et moi. Paris, 1941."
* commentaire michel : J'ai rectifié 'Helwasser' > Helwaser

Selon Richard Bloom, probablement tous les garçons vivaient dans le même appartement.

Et Robert Clary a dit : "La famille Widerman habitait 1 étage directement au-dessous de la famille Smiliansky".

Je vous enverrai aussi quelque questions de Richard demain .

mes salutations cordiales , à demain , michel

ici photo "Paris 1941 Robert Clary kazoo"