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03 décembre, 2017

Le professeur m'a envoyé des informations sur les avancées du projet de rédaction de la biographie de Bernard Goldstein, auquel participent ses élèves de 3ème.

Madame,

Je vous écris afin de vous apporter quelques informations sur les avancées du projet de rédaction de la biographie de Bernard Goldstein, auquel participent mes élèves de 3ème. 

Tout d'abord, les élèves poursuivent leur travail de recherches et ils s'y investissent avec intérêt et passion. Ils prennent ce travail véritablement à coeur. Je vous laisse découvrir, en cliquant sur le lien dropbox ci-dessous, les documents que j'ai conçus et sur lesquels les élèves travaillent. Ils sont organisés en groupes et chaque groupe travaillent successivement sur trois étapes de recherche (de l'échelle européenne et française à l'échelle de la famille Goldstein). 


Par ailleurs, ce jeudi 7 décembre, nous serons en sortie au Mémorial de la Shoah à Paris afin d'y effectuer une visite guidée. Puis, les élèves rencontreront Daniel Urbejtel, également déporté par le convoi n°77 et arrêté, comme Bernard et Tauba, au centre UGIF de l'avenue Secrétan, en juillet 1944. 

Enfin, après avoir préparé de nombreux dossiers de demande de subventions, nous avons réussi à organiser un séjour de deux jours à la Maison d'Izieu (en février 2018) afin de faire prendre conscience aux élèves des différentes échelles de la Shoah et de les amener à réfléchir atour du thème de l'enfance face au génocide. 

Je vous souhaite une belle fin de weekend et vous remercie pour votre lecture, 

22 février, 2012

Esther Danielewicz, née Schwartz,une cousine de maman morte en déportation

Une cousine de ma maman:Esther
Danielewicz(née Schwartz )née le 15 août 1904 à Wlodova (Pologne)


  Déportée à Auschwitz par le convoi n° 13 au départ de Pithiviers le 31/07/1942. De profession Marchand.
Habitait en France 
Danielewicz, née Schwartz (Esther)le 15 août 1904 à Vlodova (Pologne)décédée le 5 août 1942 à Auschwitz (Pologne)et non le 30 juillet 1942 à Pithiviers (Loiret). 

 

Est inscrit(e) sur le Mur des Noms en tant que Esther Danielewicz de Pithiviers le 31/07/1942.
Il y a une erreur,que j'ai rectifiée sur mon blog,mais pas au mémorial de la Shoah
"Est inscrit(e) sur le Mur des Noms en tant que Esther DANIELOVITZ né(e) le 15/08/1904 à ULODOVA, déporté(e) par le convoi n° 13 au départ de Pithiviers le 31/07/1942."
Son mari:
Monsieur Icek DANIELEWICZ né le 30/08/1897 à CZESTOCHOWA. Déporté à Auschwitz par le convoi n° 01 au départ de Compiègne ou Drancy le 27/03/1942.
Habitait au 241, rue des Bluets dans le 11ème arrondissement à PARIS. (France)
Monsieur Icek Danielewicz né en 1897 à Czestocheva. Déporté à Auschwitz par le convoi n° 01 au départ de Compiègne ou Drancy le 27/03/1942. 
Est inscrit(e) sur le Mur des Noms en tant que Icek DANIELEWICZ né(e) le 11/10/1897 à CZESTOCHOWA, déporté(e) par le convoi n° 01 au départ de Compiègne ou Drancy le 27/03/1942


Leur fils
 Jacques Danielewicz né le 24 octobre 1926 à Paris (12e) décédé le 7 septembre 1942 à Auschwitz (Pologne)et non le 2 septembre 1942 à Drancy (Seine). 
Jacques DANIELEWICZ né(e) le 24/10/1926 à PARIS. Déporté(e) à Auschwitz par le convoi n° 27 au départ de Drancy le 02/09/1942.  
Est inscrit(e) sur le Mur des Noms en tant que Jacques DANIELEWICZ né(e) le 24/10/1926 à PARIS, déporté(e) par le convoi n° 27 au départ de Drancy le 02/09/1942





























05 août, 2011

LE 5 AOUT 1944

LE 5 AOUT 1944


Aujourd'hui, je suis triste
Je commémore le massacre de 7 membres de ma famille qui ont été gazés ensemble à Birkenau/Auschwitz
Le 5 aout 1944
2 adultes et 5 enfants
Voir la liste des enfants déportés avec eux, par le convoi n° 77 parti de Drancy le 31 juillet 1944
4 des enfants et une adulte ont été raflés dans le centre de l'UGIF du 19è arrondissent
Un des enfants a été arrêté avec ses parents sur dénonciation d'un voisin qui voulait leur appartement
Pour moi, ils étaient 5 cousins et cousines et 2 tantes
Tauba (Thérèse) Goldstein: sœur de mon père: 24 ans
Sonia Goldstein née Sossia Smiliansky, épouse d'un frère de mon père: Wolf Goldstein: 33 ans: mère de 3 enfants (2 fils gazés ce jour là):
Bernard Goldstein, fils de Wolf: 14 ans
Daniel Goldstein: Fils de Wolf: 5 ans
Jacques Bender: Fils d'une sœur de mon père: Gita(Ida) née Goldstein: 12 ans
Dora Bender: fille d'une sœur de mon père: Gita(Ida) née Goldstein: 8 ans
Jean Bender: Fils d'une sœur de mon père: Gita(Ida) née Goldstein:4 ans

29 mai, 2011

Mon voyage à Birkenau-Auschwitz


Mon voyage à Birkenau-Auschwitz J'ai fait ce voyage, il y a quelques années. Depuis, j'ai créé mon blog et fait des recherches
Mon voyage à Birkenau-Auschwitz
J'avais sept ans, je vivais dans une maison d'enfants de l'O.S.E (Oeuvre de Secours aux Enfants), lorsque s’est effectué mon premier contact avec la Shoah, pendant la visite du camp du Struthof (je ne mettais pas encore de nom sur l’horreur) C'était à Haguenau, en Alsace.
Ce que je me rappelle - et c'est une image qui m'a poursuivie toute ma vie – ce sont les cellules où les prisonniers ne pouvaient se tenir debouts, ni couchés ; cela m'avait semblé terrible, je m'imaginais à leur place...
Puis, en grandissant, je constatai qu'une chape de plomb occultait le sujet. Nous n'avions pas le droit de nous procurer quoique ce soit d'Allemand, par exemple. Ensuite, il y eut des films que je n’eus pas l’autorisation d’aller voir parce que j’étais trop jeune…
Adolescente, je me suis acheté - avec mon argent de poche - trois livres d'Elie Wiesel : « La Nuit », « L'Aube », et « Le Jour », et je me suis plongée dans le sujet, même si les adultes n'en parlaient pas, même si les blessures étaient à fleur de peau.
J'ai grandi, posé des questions à ma mère, qui m'a raconté une foule d'anecdotes, plus terribles les unes que les autres. J'ai appris, lors de l’enterrement de ma grand-mère, que sept membres de ma famille étaient morts à Auschwitz-Birkenau ; mon père avait perdu trois frères et sœurs, avec conjoints et enfants ! J’ai su que peu de membres de la famille étaient revenus.
Je ne cessais plus de questionner : tout le monde me répondait enfin.
En 1973, j'ai visité le camp de Dachau qui, même s’il n'était pas un camp d'extermination, m’a terriblement choquée.
En Israël, j'ai visité Yad Vachem et, bien sûr, j'en ai été bouleversée.
Il me restait un pèlerinage à effectuer, au nom des miens. Mon frère et une de mes sœurs, à qui j'avais parlé de ce projet, ont été horrifiés à l'idée que je puisse me rendre en Pologne - qui est le pays de naissance de mon père - non pour y faire du tourisme, bien sûr, mais pour me recueillir sur les cendres de ma famille et de mon peuple victime du seul génocide «industrialisé » de l'histoire de l'Humanité
J'ai pris l'avion à Roissy en février 2003, un charter affrété pour l’occasion, avec des repas cacher destinés aux observants.
Nous arrivons à Cracovie, et pour moi c'est un moment que je qualifierais d'historique. Enfin la boucle est bouclée ; je mets les pieds en Pologne ! C'est surtout cela qui m'importe, même s'il fait moins quatorze degrés ! Nous montons dans les cars qui nous conduisent au camp d’extermination de Birkenau, à cinquante kilomètres de là. Pendant le trajet, je m'imprègne des images de ce « morceau » de Pologne, en me disant qu’il y a bien longtemps, des gens de ma famille avaient grandi et vécu ici.
Je cherche partout des panneaux qui indiqueraient le nom de la ville de naissance de mon père, qui n'est pourtant pas loin d'ici ; nulle part, je ne trouverai Lodz… Je ne comprends pas, je suis déçue !
Nous arrivons devant l'entrée du camp. Le plus grand cimetière du monde se trouve devant moi et tout à coup, je suis prise de panique, je me dis que je suis folle d'être venue jusqu'ici, que je vais sûrement me sentir mal. Je commence à douter : vais-je supporter cette épreuve ? Heureusement qu'il y a l'effet de groupe, les gens sont certes graves, mais aussi curieux...
Dans le car, on nous a expliqué que nous aurons un guide polonais parlant français, et un rescapé qui a douloureusement connu l'endroit que nous visitons.
Nous commençons par la visite du poste d'observation des SS. Nous montons un escalier, et nous nous arrêtons à un étage d’où nous avons une vue « imprenable » sur le camp d'extermination de Birkenau. Soudain tant de lectures me reviennent en mémoire, comme autant de coups de poing que je suis en train de prendre en pleine figure!
Les récits des rescapés me semblent maintenant si clairs ! Être sur les lieux évoqués dans ces livres dévorés, qui m'obsédaient au point d’oblitérer tout autre pensée, quel choc !
Nous commençons la visite du camp. Il fait extrêmement froid, moins quatorze degrés, sous un soleil resplendissant.
Je suis très bien couverte, je n'ai pas froid, même si par moments nous avons la sensation que le sol est gelé et que nos bottes nous transmettent une impression d’inconfort. J’évoque les déportés, qui, par ce froid étaient en pyjama, et parfois nus, en n'étant quasiment pas nourris.
Car non seulement les nazis ont gazé et brûlé plus de six millions de Juifs, mais ils ont astreint les plus résistants d’entre eux à des travaux excessivement pénibles, sans les nourrir suffisamment, attendant que ces mauvais traitements aient raison d'eux. De toute façon, il y avait des arrivages massifs de pauvres hères qui prendraient le relais… Il y avait tant de cynisme dans les comportements des SS !
Ce camp est immense. Même en imagination je n’avais pas idée de son étendue ! Combien étaient-ils, ici, en même temps ?
Tout à coup, je ne suis plus en février 2003, mais en février 1943 : je deviens eux, je ferme les yeux et m’imagine à leur place. Me voici prisonnière des Nazis, je vois des gens en haillons, faméliques, visages fermés, regards éteints, qui me croisent sans un mot.
Il faut que je me ressaisisse. J'ouvre les yeux et me rends compte que le groupe est déjà loin. Je panique un peu, il y a plusieurs groupes, je ne sais plus lequel est le mien. J'ai du mal à me reprendre. Je cours et retrouve mon groupe !
Nous visitons les baraquements : le premier, un dortoir avec des rangées de châlits. Le rescapé nous donne des détails épouvantables sur l'organisation de la vie ici, avec un moyen de chauffage dérisoire pour la dimension du bâtiment et aux morsures de l'hiver. Nous parcourons ensuite les latrines : des rangées de trous où la pudeur ne pouvait être de mise.
Puis nous arrivons devant des ruines, celles de la chambre à gaz que les SS ont détruite au moment de leur fuite, afin de ne pas laisser derrière eux ces traces de leur barbarie. Cela aurait considérablement aidé les négationnistes de tous bords qui pourraient alors affirmer : « Des preuves, quelles preuves ? »
Enfin, vint un autre moment intense d'émotion, la vue du Mémorial croulant sous les fleurs, car même s’il est vrai que beaucoup refusent d’aller sur les lieux, beaucoup d’autres « visitent » les camps de la mort, heureusement pour la Mémoire de l’Humanité !
Tous les groupes se rejoignent devant ce Mémorial : en les attendant, je discute avec des adolescents venus ici en voyage scolaire. Il y a parmi eux de jeunes Arabes qui ont cette chance d'avoir des parents compatissants.
Des élus ceints de leur écharpe font un discours républicain. Puis on récite le Kaddish, et une prière chrétienne. Je pleure en silence, tête baissée. Je n'en peux plus, je me rends compte que je suis en train de vivre les moments les plus intenses de mon existence, je relève la tête et m’aperçois que la plupart des personnes présentes pleurent elles aussi. Le silence est oppressant.
Il est midi ; nous nous dirigeons vers la sortie du camp, remontons dans les cars et nous dirigeons vers Auschwitz, qui n'était pas un camp d'extermination, mais la partie « administrative » de l'organisation de la solution finale si chère à Hitler.
Je jette un dernier regard sur les rails du chemin de fer qui ont emmené tant et tant d'êtres humains à la mort.
Le rescapé nous raconte son arrivée, sa descente du train à bestiaux, la sélection abjecte et l'envoi immédiat à la mort des bras « inutiles » !
Nous arrivons à Auschwitz dix minutes plus tard. On nous explique que nous pouvons manger nos sandwichs dans le car, ou à l’extérieur : quelques personnes descendent, le groupe se restreint. Nous n'osons pas échanger nos impressions et, pour détendre l'atmosphère, décidons de partager ce que nous avons.
Puis c'est l'entrée du camp d'Auschwitz, à présent transformée en musée, et là, c'est la descente aux enfers, la visite du musée des horreurs !
Dans la première salle, il y a dans des vitrines contenant des monceaux de cheveux ; à côté, des appareils orthopédiques, des jambes artificielles, dans une autre, des jouets, des landaus des amoncellements de valises avec des noms ; j'y trouve le mien...bien sûr. Chaque fois que je sors d'un bâtiment pour entrer dans un autre, je respire cet air glacial qui m'aide à refaire surface.
Certains bâtiments étaient réservés aux militaires et civils administrateurs du camp, d’autres servaient de prisons pour les non Juifs, qui y ont été torturés : et les moyens de torture sont là, devant nous!
Je retrouve une cellule identique à celle qui m’avait tant impressionnée au Struthof, lorsque j'avais sept ans.
Il y a un endroit très particulier à Auschwitz, une sorte de musée de la Mémoire, et c'est cette dernière partie de la visite que nous allons effectuer maintenant.
D’abord nous entrons dans la première chambre à gaz ; l’interprète nous explique son fonctionnement! Ma tête va exploser, j'en suis sûre ! Ce n'est pas possible, j'ai l'impression de commettre un sacrilège : rentrer et sortir VIVANTE d'une chambre à gaz ! Ensuite, c'est la visite des fours crématoires qui ont été reconstitués, les S.S les ayant détruits avant leur fuite.
La visite est presque finie ; l'interprète distribue des petites bougies, elle me demande combien j'en veux, je ne comprends pas....Combien, pourquoi ? J'en prends une quand même et je vais réaliser très vite… Les salles que nous visitons à présent sont plongées dans une atmosphère sombre. Il y a des noms partout, ceux de résistants, et d'autres, arrachés à des documents d'époque.
Soudain, dans une salle, quelque chose attire mon attention : au milieu, par terre, un petit monument où brûlent d’innombrables bougies. Je sors la mienne de la poche de mon blouson et j'essaie de lui trouver une place. Enfin j'y arrive, je la pose, l'allume avec une autre que me tend quelqu’un ; à mon tour je tends ma bougie allumée... Je me redresse. Un chant Yiddish que je connais s’élève et nous pétrifie ! Notre silence lui répond : plus rien ne bouge, seul ce chant est perceptible.
Je ferme les yeux et je dis : « Au nom des miens qui n'ont pas connu la Shoah, au nom de ceux qui l'ont connue et ont survécu, je m'incline à jamais sur le souvenir des cendres des sept personnes ma famille qui ne sont pas revenues de l'enfer sur terre » Et je pense soudain à mon père et ma mère qui ne sont plus de ce monde, et qui, eux, auraient compris le besoin essentiel que j'ai eu de faire ce pèlerinage.
Nous remontons dans les cars, puis dans l'avion.
Voilà, la visite est terminée, je ne regrette pas, mais je sais déjà que je ne considèrerai plus jamais le monde dans lequel je vis de la même façon.
Effectivement, les mois ont passé, et pour moi, il y a un « avant » et un «après » Je suis devenue beaucoup plus sensible à tout ce qui concerne le peuple juif en général, et Israël en particulier.
Je relativise tout ce qui touche aux soucis quotidiens, mais suis devenue une vraie furie dès que l'on s'attaque à ce qui est l’essence de vie, ma Judéité. Ce que j'ai vu à Birkenau-Auschwitz, je ne l'oublierai jamais, et je ne cesse de montrer les photos que j'y ai prises.
J'ai aussi acheté un livre de photos, que j'ai offert à l'association Les Amis d'Israël, de Châteauroux, dont je suis une adhérente active, afin qu'à chaque manifestation à laquelle nous participons, nous puissions susciter interrogations, discussions et enseignements.
J'espère, pour finir, que les enfants de France et d'ailleurs saisiront toujours l'occasion de faire ce voyage initiatique, les préparant à l'acceptation de notre spécificité, de ce qui nous compose et qui nous rend plus forts, en dépit des épreuves.
Ainsi, ils deviendront des femmes et des hommes au sens le plus noble, des citoyens de l’Humain.

31 mars, 2008

Deux de mes oncles sur les trois libérés des camps de concentration et 2 oncles dans la résistance



Voeux de Wolf et de sa 2è épouse Rachel pour le mariage de ma tante Anna Goldstein

Mon oncle Kopel Goldstein avec son brassard FFI

Mon oncle Joseph Goldstein avec la médaille de la résistance
3 de mes oncles étaient dans la résistance
Cliquez sur les images pour les agrandir

Deux de mes oncles sur les trois libérés des camps de concentration



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Traduction de la lettre reçue Musée National d'Auschwitz Birkenau à Oswiecim

En réponse à votre lettre du 4.05.2007, le Musée National d'Auschwitz Birkenau à Oswiecim vous informe qu'après une investigation poussée dans les documents en notre possession, il a été établi ce qui suit :

GOLDSTEIN Wolf - né le 19.12.1908 à Lodz a été déporté au KL Auschwitz le 3.08.1944 en provenance de Drancy. Dans le camp il a été désigné en tant que déporté n°B-3774. Il a été affecté au Blindganger Suchkommando - commando de démineurs.

À la date du 28.01.1945 il figure sur la liste du convoi de déportés transférés du KL Auschwitz au KL Dachau via le KL Gross-Rosen.

GOLDSTEIN Elieser - né le 7.08.1916. En ce qui le concerne nous possédons uniquement la liste du convoi du 28.10.1943 des personnes déportées de Drancy au KL Auschwitz par le convoi n° 61.

Nos sources :

- les listes des convois à destination de KL Auschwitz par numéro ;

- la liste du convoi de déportés transférés du KL Auschwitz au KL Dachau via le KL Gross-Rosen ;

- les listes des personnes déportées par les convois 61 et 77, de Drancy au KL Auschwitz.

Nous tenons à vous informer que les documents trouvés et conservés par le Musée constituent uniquement une partie des actes créés lors de l'existence du camp. Leur analyse ne permet d'établir le sort des déportés d'Auschwitz que dans une certaine mesure.

Dans la dernière période d'existence du camp, conformément aux ordres des autorités SS, la majorité des actes du camps ont été détruits (parmi lesquels beaucoup d'actes personnels permettant d'identifier les personnes détenues dans le camp) dans le but de dissimuler l'étendue du génocide et de rendre difficile de traduire en justice les coupables des crimes des membres de la SS.

Afin d'effectuer d'autres recherches, nous vous proposons de vous vous adresser également à l'Internationaler Suchdienst, Grosse Allee 5-9, D-34444 Bad Arolsen en Allemagne.

Nous restons à votre disposition afin d'apporter toutes les explications dont vous auriez besoin, ainsi que l'aide dans la mesure de nos compétences.

Conclusion?

17 janvier : Evacuation d'Auschwitz (marches de la mort).

12 février : Évacuation de Gross-Rosen.

29 avril : Libération de Dachau


25 février, 2008

LES MEMBRES DE MA FAMILLE PROCHE Déportés à AUSCHWITZ

MEMBRES DE LA FAMILLE DÉPORTÉS À AUSCHWITZ

Tauba GOLDSTEIN : Tante (soeur de mon père) née le 17/04/1920 à COPENHAGUE, déportée par le convoi n° 77 le 31/07/1944 à Auschwitz
A été interné(e) à Drancy sous le matricule 25450.
Reçu N° 6528 dans le carnet de fouilles N° 157.
Est arrivée le 22/07/1944 à Drancy
A été gazée le 5/8/44 à Auschwitz, à l'âge de 24 ans
Est inscrite sur le Mur des Noms
Elle se faisait appeler "Thérèse"Habitait au 10, rue des Deux Ponts dans le 4ème arrondissement à PARIS. (France)
GOLDSTEIN
Tauba
Information :
Née le 17/04/1920 à Copenhague (Danemark)
Convoi du : 31/07/1944
Au départ de : Drancy (93)
A destination de : Auschwitz (Pologne)
Date du décès : 05/08/1944
Lieu du décès : Auschwitz (Pologne)
Source : J.O.R.F. n° 002 du 04/01/1994
Référence n° : D-11113
SOURCE


Wolf GOLDSTEIN : Oncle (frère de mon père): revenu
Né le 19/12/1908 à LODZ
Habitait au 11, rue de Nancy dans le 10eme arrondissement à PARIS (France)
A été interné(e) à Drancy sous le matricule 24696.
Est arrivé le 03/07/1944.
Reçu N° 6204 dans le carnet de fouilles N° 154.
Est inscrit sur le Mur des Noms
Déporté par le convoi n° 77 au départ de Drancy le 31/07/1944.
Il avait 38 ans
Matricule à Auschwitz: entre B 3673 et B 3963: B-3774
Le 03/08/1944, il est déporté au KL Auschwitz, en provenance de Drancy
Sa femme , ses 2 fils et sa soeur ont été gazés le 05/08/1944
Il a été affecté au commando de démineurs à Auschwitz
Le 28/01/1945, il est transféré au KL Dachau Via le KL Gross-Rosen
Wolf s'était marié avant mon père le 27/7/1928 Avec Sossia, dit Sonia, née SMILIANSKY ou Il a été le premier à donner une petite fille née en France
En 1929, il y a eu la naissance de Marie, la seule à n'avoir pas été déportée

Sonia Goldstein (née Smiliansky ): Tante par alliance (épouse de Wolf) (belle soeur de mon père) (son vrai prénom: Sossia)
Née le 27/12/1910 à EKATERINOSLAW(Russie) déportée par le convoi n° 77 le 31/07/1944 à Auschwitz
Elle avait 34 ans
Est inscrit(e) sur le Mur des Noms de Drancy le 31/07/1944.
Habitait au 11, rue de Nancy
GOLDSTEIN
Sossia dit Sonia née SMILIANSKY
Information :
Née le 27/12/1910 à Ekaterinodlaw (Russie)
Convoi du : 31/07/1944
Au départ de : Drancy (93)
A destination de : Auschwitz (Pologne)
Date du décès : 05/08/1944
Lieu du décès : Auschwitz (Pologne)
Source : J.O.R.F. n° 002 du 04/01/1994
Référence n° : D-11112

Leurs fils (donc, des cousins) Bernard Goldstein: né le 14/01/31 à Paris 12è .
Mort à Auschwitz le 05/08/44 à l'âge de 14 ans : voir ici : arrêté à son école "Lucien de Hirsch" 68-70 Av. Secrétan, 75019 Paris - France était un centre de l'UGIF
Bernard GOLDSTEIN : cousin (fils de Wolf), et frère de Daniel (neveu de mon père) né(e) le 14/01/1930 à PARIS déporté(e) par le convoi n° 77 le 31/07/1944 à Auschwitz
Est inscrit(e) sur le Mur des Noms
Arrêté à l'école Lucien de Hirsch, au 70, av. Secretan Centre UGIF dans le 19ème arrondissement à PARIS. (France)
GOLDSTEIN
Bernard
Information :
Né le 14/01/1931 à Paris 12e (75)
Convoi du : 31/07/1944
Au départ de : Drancy (93)
A destination de : Auschwitz (Pologne)
Date du décès : 05/08/1944
Lieu du décès : Auschwitz (Pologne)
Source : J.O.R.F. n° 002 du 04/01/1994
Référence n° : D-11048


Daniel GOLDSTEIN : cousin (fils de Wolf) et frère de Bernard (neveu de mon père) né(e) le 26/12/1938 à PARIS déporté(e) par le convoi n° 77 le 31/07/1944 à Auschwitz
Daniel-Marcel Goldstein:
Mort à Auschwitz le 05/08/44 à l'âge de 5 ans
Pris 11, rue de Nancy à leur adresse
Est inscrit(e) sur le Mur des Noms.
Habitait au 11, rue de Nancy dans le 10ème arrondissement à PARIS. (France)
GOLDSTEIN
Daniel Marcel
Information :
Né le 26/12/1938 à Paris 12e (75)
Convoi du : 31/07/1944
Au départ de : Drancy (93)
A destination de : Auschwitz (Pologne)
Date du décès : 05/08/1944
Lieu du décès : Auschwitz (Pologne)
Source : J.O.R.F. n° 002 du 04/01/1994
Référence n° : D-11053

Wolf , Sonia et Daniel ont été arrêté le 3 juillet 1944, ils ont été dénoncés par une "Italien" qui désirait récupérer l'appartement, il a passé de très mauvais moments à la libération.
Marie, qui était aux bains-douches, n'a pas été déportée.
Ils ont été internés à Drancy

Ils ont été rejoints par Tauba et Bernard qui étaient au centre de l'UGIF (école Lucien de Hirsch), avenue Secrétan, le 22 juillet 1944, (Tauba y était femme de ménage encadrant)
C'était les vacances...Ils sont partis ensemble pour Auschwitz, le 31 juillet 1944
Arrivés à Auschwitz, le 05 août 1944...
Seul survivant: Wolf
Les autres ont été gazés à leur arrivée
Ils sont morts le même jour (à l'arrivée, après 5 jours de voyage!)Jo n° 002 du 04/01/1994 Convoi du 31/07/1944 au départ de Drancy (93) à destination de Auschwitz (Pologne) N° 77, départ de Drancy le 31/07/1944 à Auschwitz
Elieser, dit "Jimmy" GOLDSTEIN : Oncle (frère de mon père) : Il est revenu, il apparaît dans le livre "Les derniers témoins (paroles de déportés) : Un témoin: Samuel Adoner raconte l'avoir rencontré à Auschwitz, l'avoir reconnu à sa voix de chanteur , et revu à Paris après la guerre
Elieser est le vrai prénom, il est bien écrit sur le reçu de Drancy (mal orthographié "Eliezer" sur la fiche de déportation)
Il était dans l'orchestre d'Auschwitz, comme chanteur lyrique
Il a aidé Milo
Ils ont vu arriver les enfants le 05/08/1944 (dans le même convoi (n°77)que le reste de ma famille
Son matricule à Auschwitz est entre 66451 et 66553
Monsieur GOLDSTEIN Eliezer né(e) le 07/08/1916 à COPENHAGUE deporté(e) par le convoi n° 61 le 28/10/1943 à Auschwitz ,au départ de Drancy le 28/10/1943.
Est inscrit(e) sur le Mur des Noms
Habitait au 31, rue Fontaine(pendant la guerre) dans le 9eme arrondissement à PARIS
A été interné(e) à Drancy sous le matricule 7067.
Est arrivé(e) le 23/10/1943.
Reçu N° 94 dans le carnet de fouilles N° 12.À l'âge de 27 ans
Sur le reçu: Elieser: le vrai prénom
De profession Artiste
Reçu de Oncle Elieser: Drancy
Il a été délivré à Buchenwald

Cliquez sur les images pour les agrandir

Fiche de déportation d'Elieser (orthographé: Eliezer)
Reçu d'Oncle Wolf: Drancy

Rue de Nancy,Paris 11è: où habitaient: Oncle Wolf et sa famille


Reçu de Tauba (Thérèse)(orthographié: Jauba) à Drancy (j'ai fait rectifié l'orthographe)
Fiche de déportation de Bernard et Daniel Goldstein, les fils de Wolf Goldstein
Fiche de déportation de Tauba Goldstein, de Wolf Goldstein et de son épouse : Sonia Smiliansky
J'ai fait des recherches sur le site "Morts dans les camps"
31/7/44 : convoi n° 77, parti de Drancy sur ordre d'Aloïs Brunner.
Plus de 300 enfants raflés par la police allemande, entre le 21 et le 22 juillet, dans les maisons de l'UGIF, sont envoyés en déportation à Auschwitz.
Départ du dernier convoi ( n° 77 ) de Drancy pour Auschwitz.
Un convoi (n° 77) part de France :
Paris/Bobigny vers Auschwitz
1300 déportés
214 survivants (16.5%)
726 personnes:GAZEES A L'ARRIVEE AU CAMP DE DESTINATION
291 hommes et 283 femmes SÉLECTIONNES AU CAMP DE DESTINATION
209 (dont 141 femmes )
SURVIVANTS EN 1945: ICI
J'ai lu dans "Lettres de Drancy"Ce convoi comprenait 173 enfants et adolescents, presque tous nés en FranceArrivé à Kosel, à 40 kms d'Auschwitz, le train s'arrête, les SS font descendre 200 hommes âges de 16 à 20 ans. (Travailleurs)
Le convoi arrivé à Auschwitz n'aura pratiquement pas de survivants.
Lire CECI
J'ai trouvé un témoignage sur leur passage à Drancy et Auschwitz (particulièrement bouleversant) : ICI

24 février, 2008

Ma cousine: Marie LEVINAS née Goldstein

Ma cousine: Marie LEVINAS née Goldstein

Cliquez sur l' image pour l' agrandir


La mairie du 12è a refusé de me communiquer son acte complet de naissance.
Je n'ai eu qu'un "extrait"

Je dois donc supposer qu'elle est toujours vivante, je ne l'ai pas retrouvée
J'apprends quand même qu'elle s'est mariée à l'âge de 17 ans, avec Yoeliz LEVINAS, le 24 décembre 1946, à la mairie du 10è
Sa fille s'appelle Sonia, comme la maman de Marie, gazée à Auschwitz

Si vous connaissez des "LEVINAS"....

Marie est le 1er petit-enfant de la famille paternelle
Elle est la fille de Wolf Goldstein,mon oncle, le frère de mon père
Elle est la seule de sa famille à n'avoir pas été déportée
Son père est revenu seul des camps de la mort
Ses petits frères: Daniel: 5 ans et Bernard: 14 ans, ainsi que leur mère: Sossia (Sonia) née Smiliansky ont été gazées à Auschwitz, le 5 aout 1944, avec une autre de mes tantes: Tauba (Thérèse) Goldstein et 3 de leurs cousins, âgés de 4 à 12 ans, les enfants Bender, de ma tante Gita (Ida) Bender, née Goldstein, Joseph, mon oncle ayant été gazé en 1943

10 février, 2008

"Merci aux Archives Nationales"

Merci aux employés des Archives Nationales à qui j'ai demandé beaucoup de travail.
J'ai fait tellement de demandes à tout le monde, que j'ai reçu le même jour 2 dossiers
CLIQUEZ SUR LES IMAGES POUR LES AGRANDIR

Tous les membres de ma famille paternelle proche qui ont été déportés, sont parti par le dernier convoi , le N° 77, parti de Drancy le 31/7/44
À l'exception de mon oncle Elieser, qui a été déporté par le convoi N°61, le 28/10/43

Mon cousin Daniel Goldstein, est le plus jeune de la famille à avoir été gazé à Auschwitz, il avait 5 ansMon cousin: Bernard Goldstein est le seul dont je possède une photo que j'ai trouvée lors de l'expo à l'hôtel de ville sur les enfants juifs déportés, la photo est dans: l'additif n°7 de "le Mémorial des enfants juifs déportés de France" Par Serge KLARSFELD. page 51
Dans ce même livre, il y a les photos d'autres enfants(3) de la famille de sa mère: Smiliansky, qui habitaient aussi comme mes grands-parents: rue des Deux-Ponts, ils ont été déportés par le convoi n°37 avec beaucoup d'autres habitants de l'immeuble
Mon cousin Bernard a été gazé à l'âge de 14 ans!
Il a été pris au centre de l'UGIF , en même temps que sa tante Tauba (Thérèse) qui servait d'enseignante à l'époque

Sonia Goldstein née Smiliansky, ma tante par alliance, elle était l'épouse de mon oncle, et la mère de mes cousins a été arrêtée et conduite à Drancy le même jour que mon oncle et que mon neveu Daniel, le 3/7/44, elle a été déportée et gazée à Auschwitz avec sa belle-soeur (ma tante Tauba) et ses 2 fils Bernard et DanielMon oncle Wolf Goldstein a fait la guerre 39 , il a été déporté à Auschwitz(en passant par Drancy, le 3/7/44) avec sa femme , ses 2 fils et sa soeur
Il est revenu seul
Il était salarié tailleur
Il avait 3 enfants, sa fille Marie, n'a pas été déportée, elle a demandé un certificat le concernant, le 29/1/45, elle ne savait pas à cette époque s'il était mort ou vivant
Je recherche désespérant cette cousine née le 14/10/1929 , elle a 77 ans, maintenant
Elle a du être cachée pendant la guerre, elle avait presque 15 ans quand ses 2 petits frères ont été gazés à Auschwitz
Qui peut m'aider?
Qui l'a cachée?
Qui la connaît?





Tauba Goldstein , morte à Auschwitz, le 05/08/44 se faisait appeler Thérèse, elle était couturière.
Elle a été arrêtée au centre de l'UGIF de la rue Secretan en même temps que son neveu , le 24/7/77
Ils ont rejoint les autres membres de la famille, (sauf Elieser, parti le 01/11/43 à Auschwitz, par le convoi n°61)
Mon oncle Wolf, son frère a demandé un certificat le à son sujet le 23/8/45, il semblerait qu'il soit retourné rue des Deux-Ponts à son retour d'Auschwitz




Elieser, mon oncle, déporté à Auschwitz, (en passant par Drancy)est revenu, Il se faisait appeler Jimmy, il était musicien salarié, c'est pour cela qu'il était dans l'orchestre d'Auschwitz
Il a été déporté le 28/10/43 au départ de Drancy pour Auschwitz
Il habitait 5 rue Constance
Il avait été"cité" lors de "Services de guerre" 39/40
J'ai le certificat de naissance que j'avais reçu du Danemark, grâce aux indications de Silvia.

J'ai aussi reçu ce mail du "Mur des Noms"
Bonjour,
J’accuse réception de votre attestation et je vous remercie. Nous avons bien enregistrée la correction à apporter sur le prénom : Elieser et non Eliezer.
Les corrections seront reportées sur le monument dans le courant de l’été. Nous vous tiendrons informée.
Cordialement,
Valérie K.......

Sur le mur des noms:

Le prénom d'Elieser étant orthographié Eliezer, il fallait une preuve..
J'en ai profité pour faire des recherches
J'ai donc récupéré un document, qui, pour moi, est de 1ère importance.
En effet, j'y apprends:
Qu'il a été pris 31 rue Fontaine ,Paris 9è? ou 10è?

Il habitait Rue Constance Paris 18è
Qu'il était marié avec une non-juive
Qu'il avait fait l'armée..ou la guerre 39/40


27 janvier, 2008

MON VOYAGE À AUSCHWITZ/BIRKENAU

MON VOYAGE À AUSCHWITZ/BIRKENAU:
Photos prises à Birkenau/Auschwitz

Mon voyage à Birkenau-Auschwitz



Mon voyage à Birkenau-Auschwitz

J'avais sept ans, je vivais dans une maison d'enfants de l'O.S.E (Oeuvre de Secours aux Enfants), lorsque s’est effectué mon premier contact avec la Shoah, pendant la visite du camp du Struthof (je ne mettais pas encore de nom sur l’horreur) C'était à Haguenau, en Alsace.

Ce que je me rappelle - et c'est une image qui m'a poursuivie toute ma vie – ce sont les cellules où les prisonniers ne pouvaient se tenir debouts, ni couchés ; cela m'avait semblé terrible, je m'imaginais à leur place...

Puis, en grandissant, je constatai qu'une chape de plomb occultait le sujet. Nous n'avions pas le droit de nous procurer quoique ce soit d'Allemand, par exemple. Ensuite, il y eut des films que je n’eus pas l’autorisation d’aller voir parce que j’étais trop jeune…

Adolescente, je me suis acheté - avec mon argent de poche - trois livres d'Elie Wiesel : « La Nuit », « L'Aube », et « Le Jour », et je me suis plongée dans le sujet, même si les adultes n'en parlaient pas, même si les blessures étaient à fleur de peau.

J'ai grandi, posé des questions à ma mère, qui m'a raconté une foule d'anecdotes, plus terribles les unes que les autres. J'ai appris, lors de l’enterrement de ma grand-mère, que sept membres de ma famille étaient morts à Auschwitz-Birkenau ; mon père avait perdu trois frères et sœurs, avec conjoints et enfants ! J’ai su que peu de membres de la famille étaient revenus.

Je ne cessais plus de questionner : tout le monde me répondait enfin.

En 1973, j'ai visité le camp de Dachau qui, même s’il n'était pas un camp d'extermination, m’a terriblement choquée.

En Israël, j'ai visité Yad Vachem et, bien sûr, j'en ai été bouleversée.

Il me restait un pèlerinage à effectuer, au nom des miens. Mon frère et une de mes sœurs, à qui j'avais parlé de ce projet, ont été horrifiés à l'idée que je puisse me rendre en Pologne - qui est le pays de naissance de mon père - non pour y faire du tourisme, bien sûr, mais pour me recueillir sur les cendres de ma famille et de mon peuple victime du seul génocide «industrialisé » de l'histoire de l'Humanité

J'ai pris l'avion à Roissy en février 2003, un charter affrété pour l’occasion, avec des repas cacher destinés aux observants.

Nous arrivons à Cracovie, et pour moi c'est un moment que je qualifierais d'historique. Enfin la boucle est bouclée ; je mets les pieds en Pologne ! C'est surtout cela qui m'importe, même s'il fait moins quatorze degrés ! Nous montons dans les cars qui nous conduisent au camp d’extermination de Birkenau, à cinquante kilomètres de là. Pendant le trajet, je m'imprègne des images de ce « morceau » de Pologne, en me disant qu’il y a bien longtemps, des gens de ma famille avaient grandi et vécu ici.

Je cherche partout des panneaux qui indiqueraient le nom de la ville de naissance de mon père, qui n'est pourtant pas loin d'ici ; nulle part, je ne trouverai Lodz… Je ne comprends pas, je suis déçue !

Nous arrivons devant l'entrée du camp. Le plus grand cimetière du monde se trouve devant moi et tout à coup, je suis prise de panique, je me dis que je suis folle d'être venue jusqu'ici, que je vais sûrement me sentir mal. Je commence à douter : vais-je supporter cette épreuve ? Heureusement qu'il y a l'effet de groupe, les gens sont certes graves, mais aussi curieux...

Dans le car, on nous a expliqué que nous aurons un guide polonais parlant français, et un rescapé qui a douloureusement connu l'endroit que nous visitons.

Nous commençons par la visite du poste d'observation des SS. Nous montons un escalier, et nous nous arrêtons à un étage d’où nous avons une vue « imprenable » sur le camp d'extermination de Birkenau. Soudain tant de lectures me reviennent en mémoire, comme autant de coups de poing que je suis en train de prendre en pleine figure!

Les récits des rescapés me semblent maintenant si clairs ! Être sur les lieux évoqués dans ces livres dévorés, qui m'obsédaient au point d’oblitérer tout autre pensée, quel choc !
Nous commençons la visite du camp. Il fait extrêmement froid, moins quatorze degrés, sous un soleil resplendissant.

Je suis très bien couverte, je n'ai pas froid, même si par moments nous avons la sensation que le sol est gelé et que nos bottes nous transmettent une impression d’inconfort. J’évoque les déportés, qui, par ce froid étaient en pyjama, et parfois nus, en n'étant quasiment pas nourris.
Car non seulement les nazis ont gazé et brûlé plus de six millions de Juifs, mais ils ont astreint les plus résistants d’entre eux à des travaux excessivement pénibles, sans les nourrir suffisamment, attendant que ces mauvais traitements aient raison d'eux. De toute façon, il y avait des arrivages massifs de pauvres hères qui prendraient le relais… Il y avait tant de cynisme dans les comportements des SS !

Ce camp est immense. Même en imagination je n’avais pas idée de son étendue ! Combien étaient-ils, ici, en même temps ?

Tout à coup, je ne suis plus en février 2003, mais en février 1943 : je deviens eux, je ferme les yeux et m’imagine à leur place. Me voici prisonnière des Nazis, je vois des gens en haillons, faméliques, visages fermés, regards éteints, qui me croisent sans un mot.

Il faut que je me ressaisisse. J'ouvre les yeux et me rends compte que le groupe est déjà loin. Je panique un peu, il y a plusieurs groupes, je ne sais plus lequel est le mien. J'ai du mal à me reprendre. Je cours et retrouve mon groupe !

Nous visitons les baraquements : le premier, un dortoir avec des rangées de châlits. Le rescapé nous donne des détails épouvantables sur l'organisation de la vie ici, avec un moyen de chauffage dérisoire pour la dimension du bâtiment et aux morsures de l'hiver. Nous parcourons ensuite les latrines : des rangées de trous où la pudeur ne pouvait être de mise.

Puis nous arrivons devant des ruines, celles de la chambre à gaz que les SS ont détruite au moment de leur fuite, afin de ne pas laisser derrière eux ces traces de leur barbarie. Cela aurait considérablement aidé les négationnistes de tous bords qui pourraient alors affirmer : « Des preuves, quelles preuves ? »

Enfin, vint un autre moment intense d'émotion, la vue du Mémorial croulant sous les fleurs, car même s’il est vrai que beaucoup refusent d’aller sur les lieux, beaucoup d’autres « visitent » les camps de la mort, heureusement pour la Mémoire de l’Humanité !

Tous les groupes se rejoignent devant ce Mémorial : en les attendant, je discute avec des adolescents venus ici en voyage scolaire. Il y a parmi eux de jeunes Arabes qui ont cette chance d'avoir des parents compatissants.

Des élus ceints de leur écharpe font un discours républicain. Puis on récite le Kaddish, et une prière chrétienne. Je pleure en silence, tête baissée. Je n'en peux plus, je me rends compte que je suis en train de vivre les moments les plus intenses de mon existence, je relève la tête et m’aperçois que la plupart des personnes présentes pleurent elles aussi. Le silence est oppressant.

Il est midi ; nous nous dirigeons vers la sortie du camp, remontons dans les cars et nous dirigeons vers Auschwitz, qui n'était pas un camp d'extermination, mais la partie « administrative » de l'organisation de la solution finale si chère à Hitler.
Je jette un dernier regard sur les rails du chemin de fer qui ont emmené tant et tant d'êtres humains à la mort.

Le rescapé nous raconte son arrivée, sa descente du train à bestiaux, la sélection abjecte et l'envoi immédiat à la mort des bras « inutiles » !

Nous arrivons à Auschwitz dix minutes plus tard. On nous explique que nous pouvons manger nos sandwichs dans le car, ou à l’extérieur : quelques personnes descendent, le groupe se restreint. Nous n'osons pas échanger nos impressions et, pour détendre l'atmosphère, décidons de partager ce que nous avons.

Puis c'est l'entrée du camp d'Auschwitz, à présent transformée en musée, et là, c'est la descente aux enfers, la visite du musée des horreurs !

Dans la première salle, il y a dans des vitrines contenant des monceaux de cheveux ; à côté, des appareils orthopédiques, des jambes artificielles, dans une autre, des jouets, des landaus des amoncellements de valises avec des noms ; j'y trouve le mien...bien sûr. Chaque fois que je sors d'un bâtiment pour entrer dans un autre, je respire cet air glacial qui m'aide à refaire surface.
Certains bâtiments étaient réservés aux militaires et civils administrateurs du camp, d’autres servaient de prisons pour les non Juifs, qui y ont été torturés : et les moyens de torture sont là, devant nous!

Je retrouve une cellule identique à celle qui m’avait tant impressionnée au Struthof, lorsque j'avais sept ans.

Il y a un endroit très particulier à Auschwitz, une sorte de musée de la Mémoire, et c'est cette dernière partie de la visite que nous allons effectuer maintenant.

D’abord nous entrons dans la première chambre à gaz ; l’interprète nous explique son fonctionnement! Ma tête va exploser, j'en suis sûre ! Ce n'est pas possible, j'ai l'impression de commettre un sacrilège : rentrer et sortir VIVANTE d'une chambre à gaz ! Ensuite, c'est la visite des fours crématoires qui ont été reconstitués, les S.S les ayant détruits avant leur fuite.
La visite est presque finie ; l'interprète distribue des petites bougies, elle me demande combien j'en veux, je ne comprends pas....Combien, pourquoi ? J'en prends une quand même et je vais réaliser très vite… Les salles que nous visitons à présent sont plongées dans une atmosphère sombre. Il y a des noms partout, ceux de résistants, et d'autres, arrachés à des documents d'époque.

Soudain, dans une salle, quelque chose attire mon attention : au milieu, par terre, un petit monument où brûlent d’innombrables bougies. Je sors la mienne de la poche de mon blouson et j'essaie de lui trouver une place. Enfin j'y arrive, je la pose, l'allume avec une autre que me tend quelqu’un ; à mon tour je tends ma bougie allumée... Je me redresse. Un chant Yiddish que je connais s’élève et nous pétrifie ! Notre silence lui répond : plus rien ne bouge, seul ce chant est perceptible.

Je ferme les yeux et je dis : « Au nom des miens qui n'ont pas connu la Shoah, au nom de ceux qui l'ont connue et ont survécu, je m'incline à jamais sur le souvenir des cendres des sept personnes ma famille qui ne sont pas revenues de l'enfer sur terre » Et je pense soudain à mon père et ma mère qui ne sont plus de ce monde, et qui, eux, auraient compris le besoin essentiel que j'ai eu de faire ce pèlerinage.

Nous remontons dans les cars, puis dans l'avion.

Voilà, la visite est terminée, je ne regrette pas, mais je sais déjà que je ne considèrerai plus jamais le monde dans lequel je vis de la même façon.

Effectivement, les mois ont passé, et pour moi, il y a un « avant » et un «après » Je suis devenue beaucoup plus sensible à tout ce qui concerne le peuple juif en général, et Israël en particulier.
Je relativise tout ce qui touche aux soucis quotidiens, mais suis devenue une vraie furie dès que l'on s'attaque à ce qui est l’essence de vie, ma Judéité. Ce que j'ai vu à Birkenau-Auschwitz, je ne l'oublierai jamais, et je ne cesse de montrer les photos que j'y ai prises.

J'ai aussi acheté un livre de photos, que j'ai offert à l'association Les Amis d'Israël, de Châteauroux, dont je suis une adhérente active, afin qu'à chaque manifestation à laquelle nous participons, nous puissions susciter interrogations, discussions et enseignements.

J'espère, pour finir, que les enfants de France et d'ailleurs saisiront toujours l'occasion de faire ce voyage initiatique, les préparant à l'acceptation de notre spécificité, de ce qui nous compose et qui nous rend plus forts, en dépit des épreuves.

Ainsi, ils deviendront des femmes et des hommes au sens le plus noble, des citoyens de l’Humain.


VOIR LES PHOTOS QUE J'AI PRISES

Birkenau: mémorial






Birkenau: chambre à gaz détruite pas les SS




Birkenau: miradors







Birkenau: barbelés








Birkenau: les foutues rails!!!



















Birkenau, vue qu'avait le commandant











Four crématoire reconstitué, les SS les avaient détruits: Birkenau






















Auschwitz: camp administatif




3 commentaires:
Anonyme a dit…
Témoignage poignant, d'autant plus que je pars à Cracovie Lundi, avec 30 élèves...
www.auschwitz.over-blog.com

vendredi 2 mars 2007 21 h 39 WET
Anonyme a dit…
Madame,

J´ai vu une fois à la Tv un film documentaire sur un groupe de juifs (français semble-t-il mais ils parlaient surtout yiddish ?) qui vont visiter les camps en plein hiver. Ensuite, le film les montre arriver à Tel Aviv (où ils viennent s´installer?). Avez vous la référence de ce film par hasard?
Je vous demande cela évidemment parce que votre propre pélerinage de 2003 me fait penser à ce film...

Vous connaissez "Maus" de Art Spiegelman non ?

lundi 14 mai 2007 00 h 28 WEST
MICHELLE GOLDSTEIN a dit…
Il existe beaucoup de films sur la Shoah
Je vais ajouter quelques liens que vous trouverez à droite dans le menu déroulant
Merci d'être venu

1 commentaires:

Kay a dit…

En faisant des recherches afin de présenter au mieux ce lieu de mémoire, témoin d'autant de victimens inocentes... témoin des choses qui ne devraient plus jamais se reproduire... je suis littéralement "tombée" sur votre article. Il m'a tellement touchée, tellement bouleversée, que j'en ai fait une présentation sur le site trivago.fr, dans le but à ce que le plus possible de mes amis de ce site viennent le lire... afin que ce message qu'est le votre puisse être lu et entendu encore plus!

Si vous voulez, vous pouvez consulter cette présentation ici

Je vous salue, et vous envoie toutes mes amitiés

Carine (Kay24 sur trivago.fr)

29 novembre, 2007

DES NOUVELLES DE BAD AROLSEN

Cliquez sur les images pour les agrandir

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BAD AROLSEN m'a répondu
Ils sont partis de Drancy pour
Auschwitz

Mes oncles Wolf et Elieser GOLDSTEIN ne sont pas arrivés à Auschwitz ensemble, et n'en sont pas partis non plus ensemble
Ils étaient ensemble du 5 août 1944 au 24 décembre 1944

Le 21 février 1945, Wolf a été transféré au commando de Mühldorf à Dachau
Voir ICI

Réponse que j'ai trouvée: C'est un camp satellite de Dachau
Le 23 avril 1945, Wolf a été transféré au commando d'Ötztal à Dachau
OETZTAL : Constructions mécaniques (il y a donc une faute?)
Catégorie "Sch3"(=Schutzhaft), "Jude"
Le robot a traduit: Protection de détention : voir ICI

Elieser a été incarcéré au camp de Drancy sur ordre du " Befehlshaber der Sicherheitspolizei"
Le robot a traduit: Commandant de la police de sûreté
Le 24 décembre 1944, Elieser a été transféré au commando d'Ohrdruf,(voir ICI)et ICI , du camp de concentration de Buchenwald
Catégorie "Polit." (=Politisch), "Jude"
Le robot a traduit: Politiquement

Ils n'ont pas été arrêtés pour la même raison, mais quand même parce qu'ils étaient juifs
J'ai trouvé ceci: en représailles de l'attentat contre Julius Ritter en même temps que bon nombre de familles habitant avenue Victor Hugo à Paris (Netter, Weill, Kauffmann, Levy, Gradvohl, Heilbronn, Gotthelf, Tivoli,....)




C'est à rapprocher des réponses que j'ai reçues d'Auschwitz:
http://michelle-goldstein.blogspot.com/2007/06/jai-reu-une-lettre-dauschwitz-en.html
Ce n'est pas exactement la même chose















Ike à Ohrdruf - avril 1945



Source (version Lambin, Terminales , pg. 85, doc. 3) : DITE/USIS

Source (version Florida Center for Instructional Technology, College of Education, University of South Florida © 1997) : National Archives, courtesy of USHMM Photo Archives

Titre (version Lambin) : Le général Eisenhowe découvre, le 6 avril 1945, le camp de concentration d'Ohrdurf (Allemagne), annexe de Buchenwald

Titre ((version Florida Center for Instructional Technology, College of Education, University of South Florida © 1997) : General Dwight D. Eisenhower with other Army members view the bodies of executed prisoners while on a tour of Ohrdruf concentration camp on April 12, 1945.